De mémoire, le thème de la chirurgie esthétique n'avait jamais été abordé dans une série américaine. Et là où les scénaristes auraient pu se contenter de montrer les opérations avec des images sanguinolentes, Ryan Murphy, scénariste, réalisateur et producteur de la série a incontestablement donné sa patte à la série, en disséquer en non seulement les corps, mais aussi les âmes.
Christian et Sean possèdent un cabinet du chirurgie esthétique, mais sont aussi amis d'enfance. Malgré cela, tous les opposent. Christian est un homme instable, doté d'un physique avantageux, et qui n'hésite pas à en profiter, quitte éventuellement à passer par toutes les dérives. Sean quant à lui est à peu près le contraire, marié et père de deux enfants, il n'aspire qu'au bonheur de sa famille et au succès de son cabinet.
Bien évidemment tout n'est pas si simple sous le soleil radieux de Miami. Les 13 épisodes que constitue cette première saison permettent à chaque fois à travers un personnage d'aborder un thème précis. C'est là que la série est très étonnante et déroutante. En effet, les thèmes abordés ne le sont pratiquement jamais dans d'autre série. C'est ainsi que des thèmes comme la pédophilie, l'avortement, l'homosexualité, etc. sont abordés, et cela de manière toujours très intelligente et habilement scénarisée. C'est quand même un choc, quand on connaît ce qu'est l'Amérique d'aujourd'hui de voir avec quel courage, et quel talent on peut traiter de thèmes aussi difficile et dérangeant comme il l'est fait dans Nip/Tuck.
La vie de nos deux chirurgiens est assez souvent mêlée à celle de leurs patients (je ne vous dis pas comment, vous aurez bien l'occasion de le découvrir au fil des 13 épisodes de cette première saison, et croyez-moi vous avez êtes surpris !). Mais Ryan Murphy le dit dans le documentaire présent dans les bonus, il a choisi de tout montrer.
Et chez Christian Troy, forcément, on suit pas à pas et plan par plan, la liste de ses conquêtes amoureuses. Mais la où la caméra de n'importe quel autre réalisateur s'arrêterait sur le palier de l'appartement du chirurgien, Nip/Tuck vous amène au contraire jusque dans son lit. L'homme a peu d'attaches, n'aime pas grand monde, et comme il se plaît à le dire, Sean et sa famille sont les seules personnes qui comptent pour lui. Souvent odieux avec les femmes, la carapace se fissure au fur et à mesure des épisodes, au fur et à mesure des secrets révélés, et laissent entrevoir un homme à l'enfance brisée et capable d'aimer vraiment.
Difficile de parler plus en avant de l'intrigue sans faire des révélations très gênantes pour la vision de la série, mais comme je le laisse sous-entendre plus haut, bien que nous ne soyons pas dans une série policière, les rebondissements ne manqueront pas. La série s'attache donc à nous dépeindre la vie privée de ces deux chirurgiens mais également donc le long défilé quotidien des patients plus ou moins normaux voulant changer une partie de leur corps.